thème N°2 : Histoire de l’évolution de la pauvreté au Bénin de 1972 à fin 1989
RAPPORT DE LA CONFÉRENCE SOCIALE MENSUELLE DE L’I.A.J.P. DU 15 MARS 2007
Monsieur Michel HOLONOU a été la personne sollicitée pour animer la troisième conférence sociale mensuelle de l’année 2007. Il est Professeur certifié d’histoire et Directeur du collège « Les Cocotiers » à Porto Novo. Tout comme la conférence précédente, il était question d’un voyage dans les méandres de l’histoire de la pauvreté au Bénin à travers le thème ainsi libellé : HISTOIRE DE L’EVOLUTION DE LA PAUVRETE AU BENIN DE 1972 A FIN 1989. Cet exercice a conduit le conférencier a adopté le plan que voici :
- Introduction
- Définition de quelques concepts notionnels
- Quelques indicateurs de la dégradation de la situation socio-économique au Bénin de 1972 à fin 1989
- Les béninois des années 70 seraient-ils plus aisés que ceux d’aujourd’hui ?
- Conclusion
D’emblée, dans son introduction, l’exposant a fait ressortir la principale conclusion de la précédente conférence dans la mesure où la présente conférence est la suite logique de celle du mois passé.
Abordant les indicateurs de la dégradation de la situation socio-économique au Bénin de 1972 à fin 1989, le conférencier a fait remarquer que la situation économique et financière du Bénin présentait dès fin 1979 et début 1980 des signaux alarmants d’une crise dans tous les secteurs d’activités ; crise due notamment à la gestion calamiteuse du pays par le parti Etat, PRPB qui régentait toute la vie du pays. Partout les indicateurs affichaient des contre-performances inquiétantes avec comme corollaire la dégradation continue des conditions de vie des masses populaires plongées dans une précarité financière et sociale croissante. Tout ceci a eu entre autre pour conséquence : Le gel des recrutements à la fonction publique, la fermeture des sociétés d’Etat, les licenciements, les départs volontaires, les départs ciblés, les salaires non réguliers ayant subi un abattement de 10% sur leur traitement, le blocage des effets financiers découlant des avancements, des promotions et des reclassements à compter du 1er février 1987, la situation de l’emploi dramatiquement dégradée (le taux de couverture de la demande de l’emploi qui était de 91,8% en 1982 est brutalement retombée à 4,92% en 1983 et seulement à 3,1% en 1987), l’exploitation des ruraux qui les a plongés dans une situation de précarité croissante et beaucoup de gens n’arrivaient plus à se faire soigner, faute d’argent.
Somme toute, à la lumière de ces données, il apparaît que les conditions de vie du Béninois de 1972 à fin 1989 se soient considérablement dégradées a estimé le conférencier.
Ainsi, s’est-il posé la question de savoir si les béninois des années 70 seraient-ils plus aisés que ceux d’aujourd’hui ? Au regard des données statistiques sur la pauvreté au Bénin, déclarait le professeur HOLONOU, les Béninois des années 1972 à 1989 vivaient dans la précarité. Mais il convient tout de même de nuancer quelques peu les choses. En effet, l'avènement au pouvoir du gouvernement militaire révolutionnaire, GMR en 72 a suscité beaucoup d'enthousiasme et une grande adhésion populaire. Ce qui a obligé les nouvelles autorités à promouvoir des idées novatrices qui, sur le terrain, correspondaient à des réalisations concrètes. Des progrès ont donc pu être réalisés dans plusieurs domaines. Ce n’est qu’à partir des années 80 que ces efforts ont été annihilés du fait de la mauvaise gestion et de la corruption avec de grands scandales financiers. L’exposant s’est résumé en estimant qu’on peut fondamentalement retenir que les béninois d'aujourd'hui, contrairement aux idées reçues, vivent mieux que leurs aînés de 1960 à 1972. Aussi, n’a-t-il pas manqué de faire ressortir les changements qui se sont opérés ces dernières années qui permettent au béninois d’aujourd’hui de vivre mieux.
Le conférencier a conclu ses propos en disant que l'hypothèse selon laquelle le dahoméen ou le béninois a vécu dans la précarité de 1972 à fin 1989 est en grande partie vérifiée. Par contre, l'examen approfondi des indicateurs de développement ne confirme pas l'hypothèse selon laquelle les dahoméens ou les béninois d'avant la révolution seraient plus à l'aise que ceux d'aujourd'hui. Car au plan global il y a eu croissance donc progrès au niveau de la qualité de vie des béninois pris dans leur ensemble. Seulement cette croissance n’a profité en réalité qu'à une infime minorité de gens qui s'enrichissaient de façon scandaleuse au détriment de larges couches de la population confrontées à la précarité.
Cette situation continue malheureusement et même se renforce avec la corruption ambiante, le pillage systématique des ressources publiques et l'impunité.
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