thème n°3 : Histoire de l’évolution de la pauvreté au Bénin de 1990 à 2006
RAPPORT DE LA CONFÉRENCE SOCIALE MENSUELLE DE L’I.A.J.P. DU 19 AVRIL 2007
La conférence sociale du mois d’avril a porté sur le thème : HISTOIRE DE L’EVOLUTION DE LA PAUVRETE AU BENIN DE 1990 à 2006. Cette conférence était la dernière de la série de la revue historique de l’évolution de la pauvreté au Bénin. A cet effet, Madame Marie Antoinette ADISSODA a été identifiée pour animer ce thème. Elle est Professeur certifié d’histoire à la retraite et actuellement Directrice du Cabinet du Maire de la commune de Ouidah. Le plan de son exposé est ainsi libellé :
- Introduction
- Quelques définitions
- Les manifestations de la pauvreté au Bénin entre 1990 à 2006
- Analyse du phénomène de la pauvreté
- Conclusion
A l’entame de son exposé, la conférencière a montré le lien entre le thème qu’elle développe et les deux précédents qui du reste, ont servi à déblayer le terrain pour lui permettre de prouver non seulement que pauvreté et précarité font partie du quotidien des béninois au cours de la période envisagée (1990 à 2006), mais aussi à démontrer que malgré tous les progrès réalisés par le pays pendant deux ou trois décennies, la situation sociale des béninois s’est dégradée par rapport à celle de 1972.
Dans son approche, elle a d’abord passé en revue des essais de définitions de la pauvreté en s’appuyant sur des faits de vie pour aboutir à l’identification et à l’appréciation de quelques uns de ses instruments de mesure.
Abordant les manifestations de la pauvreté au Bénin entre 1990 à 2006, Madame Marie Antoinette ADISSODA a estimé que la période 1990-2006 a été celle de grandes difficultés économiques et sociales pour le Bénin, marquée par la dévaluation du Franc CFA en 1994, l’engagement du pays dans des programmes d’ajustement structurel (PAS I : 1989-1992, PAS II : 1992-1995, PAS III 1995-1997), le dégraissage de la fonction publique, le gel des recrutements et les menaces de blocage de l’appareil administratif par des grèves à répétition, etc.
Les programmes et réformes de la période, à en croire la conférencière, ont contribué à l’amélioration du cadre macro économique, à la libéralisation de l’économie, à la restructuration du secteur financier et à l’amélioration de la gestion des finances publiques. Aussi, malgré les succès économiques de cette décennie d’ajustement structurel, les conditions de vie des populations ne se sont pas améliorées ; au contraire celles-ci sont restées en marge du développement et parfois même leur situation s’est davantage dégradée conclura-t-elle.
La conséquence de la persistance de la pauvreté a été l’émergence du nouveau concept : Document de Stratégie de Réduction de la pauvreté (DSRP). L’élaboration de ce document au Bénin révèle qu’au plan mondial, sur 174 pays pauvres identifiés en 1995 par le PNUD, le Bénin occupe le 145ème rang avec 47% de la population privée des services sociaux essentiels et l’IDH indique que le Bénin est classé dans la catégorie des pays à développement humain faible. En 1996, une enquête a révélé que 56% des ménages en ville sont pauvres ou vulnérables, de même que 57% en milieu rural. Le faible niveau d’emploi (en 1999, 325 offres sur 3110 demandes d’emploi) conduit au fort taux de chômage, au sous emploi et aux activités précaires (conducteurs de « zem », démarcheurs, vendeurs d’essence « Kpayo », tenanciers de buvette ou cafétéria etc.). L’exposant finira ce point en abordant quelques causes du phénomène de la pauvreté qui se résument aux causes structurelles et aux causes circonstancielles.
Pour conclure ses propos, Madame ADISSODA a exhorté les uns et les autres à lutter pour que la richesse nationale profite à tous ; les armes pour cette lutte étant à notre portée.
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