Axe Ethique 2008 - Thème 7

thème n°7 : Migration comme défi de l'esprit

RAPPORT DE LA CONFÉRENCE SOCIALE MENSUELLE DE L’I.A.J.P. DU 13 NOVEMBRE 2008

 

La sixième conférence sociale de l’année 2008 a eu pour thème : MIGRATION COMME DEFI DE L’ESPRIT. Elle a été animée par l’abbé Alain DOSSEH, professeur de Théologie Morale au grand séminaire Mgr Louis Parisot à Tchanvédji.

A l’entame de son intervention, le conférencier a posé les préalables de son exposé en estimant que "Les migrations modernes constituent le plus vaste mouvement humain de tous les temps. Durant ces dernières décennies ce phénomène, qui touche 200 millions de personnes, s'est transformé en une réalité structurelle de la société contemporaine et constitue un problème toujours plus complexe, du point de vue social, culturel, politique, religieux, économique et pastoral".[1]

Une telle affirmation, empruntée au Conseil Pontifical pour la pastorale des Migrants, avait pour objectif de montrer à l’assistance que le phénomène migratoire est une question primordiale qui requiert une attention particulière.

Abordant sa communication proprement dite, l’abbé Alain DOSSEH a décliné son propos en quatre principaux points :

  1. La migration comme épreuve et défi
  2. Problèmes et questionnements : aspects moraux et socioéconomiques des migrations
  3. Sens et valeur de la migration
  4. Pour une théologie des migrations

La migration, estime le conférencier, est de façon continuelle un défi de l’esprit parce qu’étant avant tout un fait qui bouscule ; un fait qui emmène le sujet à être en mouvement, non seulement de « l’extérieur » de son être, mais bien plus encore, des mouvements de son « intérieur ». En clair, la migration vient bousculer la tendance naturelle des migrants comme aussi celle des communautés d'accueil ; mais elle ne manque pas de provoquer à l'ouverture, à l'altérité.

Et dans ce sens, la migration demeure une source de questionnements dans la mesure où elle pose un véritable problème pour la stabilité familiale. Le pape Benoît XVI pris la mesure de la situation en disant que "Nombreuses sont les difficultés que rencontre la famille du migrant. L'éloignement de ses membres entre eux et l'impossibilité de se réunir sont souvent des occasions de rupture des liens d'origine. De nouveau rapports s'instaurent et de nouvelles affections naissent ; on oublie le passé et ses devoirs, soumis à dure épreuve par l'éloignement et la solitude".[2]

Toutefois, il convient, ajoutera l’exposant, de préciser que les mouvements du migrant sont de l’ordre de l’humain ; la mobilité est le propre du vivant. Et quelles qu'en soit donc les raisons, la migration témoigne de cette capacité humaine à se prendre en main pour penser et organiser son destin.

Dans la dernière partie de sa communication relative à la théologie des migrations, l’abbé Alain a mené une réflexion selon laquelle, « il a fallu que le Fils de Dieu passe du ciel ou, mieux, de l'éternité où il était à la terre des hommes ; et on pourrait même aller plus en profondeur en disant qu'il lui a fallu d'abord devenir homme, lui qui était Dieu. N'est-ce pas là des formes de migration qui rapprochent davantage Dieu de l'humanité ? ». Somme toute, le phénomène migratoire a existé de tous temps et plus encore qu'il dépasse la sphère de l'humanité.

Pour conclure son intervention, le conférencier a estimé que la migration « constitue un défi permanent pour tous et ne laisse pas l'esprit humain tranquille tant que les multiples questions qu'il soulève de tous côtés ne sont pas résolues. C'est en cela que la migration est un véritable défi de l'esprit. »

Les débats, partages d’expériences et témoignages de vie avec des migrants, ont permis de mener des réflexions plus approfondies sur la question.



CONSEIL PONTIFICAL POUR LA PASTORALE DES MIGRANTS ET DES PERSONNES EN DÉPLACEMENT, Instruction Erga migrantes caritas Christi, Présentation.

BENOIT XVI, Message pour la journée mondiale des migrants 2007.

      Conf du 13 novembre 2008_assistance 1