thème n°1 : La place et le rôle de la peur et de la culpabilité dans l’éducation : approche anthropologique
RAPPORT DE LA CONFÉRENCE SOCIALE MENSUELLE DE L’I.A.J.P. DU 25 FEVRIER 2010
La première conférence de l’année 2010 a porté sur le thème « La place et le rôle de la peur et de la culpabilité dans l’éducation : approche anthropologique ». Elle a été présentée par la Sœur Ella LAOUROU, Religieuse Oblate Catéchiste Petite Servante des Pauvres (OCPSP), titulaire d’un master recherche en sociologie et développement social et Coordonnatrice du projet SEDEKON des personnes vivant avec le VIH/SIDA.
Dans une introduction liminaire, la conférencière a situé la pertinence de la thématique à deux niveaux : celui de l’éducation d’une part, puis celui de la peur et de la culpabilité d’autre part. Ainsi l’exposé a été compartimenté en trois (3) parties, à savoir :
- Généralité : recadrage sémantique et diagnostique social en matière éducative
- Le contexte actuel du Bénin
- Quelques approches sociales éducatives pour recentrer l’éducation
Au niveau de la première partie, la sœur Ella a présenté la trilogie Education – Peur – Culpabilité. Dans la définition de l’éducation, elle a souligné le caractère continu de ce processus d’apprentissage et d’intériorisation des normes et des valeurs destinées à la socialisation de l’individu.
S’agissant de la peur et de la culpabilité, elle a fait retenir que ce sont deux réalités subjectives qui s’interpellent à des moments donnés et opèrent séparément dans une certaine mesure. La peur est un état d’inquiétude profonde en présence d’un danger. Cette réalité subjective individuelle peut se muer en réalité collective. Et, certains politiques peu scrupuleux s’en servent comme instrument de pouvoir. La culpabilité apparaît avant tout comme une réalité rattachée à l’intériorité, voire à la religion, a-t-elle dit. C’est un sentiment toujours lié à un appel intérieur en faveur d’une conduite de réparation. Ce sentiment est une manifestation de l’angoisse, d’une punition ainsi que de la peur d’être abandonné par celui qu’on aime. La culpabilité se passe entre moi et moi.
Toujours dans cette même partie, la conférencière a présenté de façon sommaire et non exhaustive certaines formes de peur à savoir : la peur moteur de l’action, la peur méfiance ou prudence, la peur rejet de la différence, la peur collective : outil de manipulation des masses. S’appuyant sur la définition de l’éducation, la conférencière a affirmé que la peur constructive et la culpabilité sont des éléments moteurs de l’éducation. Elles participent à l’éducation, à la formation de la conscience droite chez l’individu.
Au niveau de la deuxième partie de l’exposé, l’exposante a fait remarquer que le système éducatif actuel est marqué par le retrait agressif d’une peur constructive et par la perte des repères et des valeurs.
Pour finir sa communication, la sœur Ella a donné quelques approches sociales éducatives pour recentrer l’éducation. A ce propos nous pouvons retenir entre autres :
- Le retour à l’éducation civique
- La restauration du système éducatif
- L’acceptation de la différence
- Le recours aux rites initiatiques
- L’instruction religieuse
Au terme de l’exposé, les principales préoccupations des participants ont porté sur le diagnostique du système éducatif béninois actuel et les approches de solutions, sur le ‘‘comment faire’’ pour revenir à la peur constructive, sur la génération d’aujourd’hui qui est démunie de matériaux à transmettre à la génération montante, sur la peur et l’incapacité a prendre des initiatives, sur la distinction entre la faute échue et la faute possible et sur la précision du rôle de la religion dans l’éducation.