thème n°3 : Esquisse d’une pédagogie de l’éducation des jeunes en milieu scolarisé rural
RAPPORT DE LA CONFÉRENCE SOCIALE MENSUELLE DE L’I.A.J.P. DU 15 AVRIL 2010
La conférence du 15 avril 2010 a porté sur le thème : « Esquisse d’une pédagogie de l’éducation des jeunes en milieu scolarisé rural ». Elle a été présentée par l’abbé Philippe DONOU, Curé de la paroisse Saint Martin de Papanè, commune de Tchaourou, dans de l’Archidiocèse de Parakou.
A l’entame de la conférence, l’exposant s’est tout d’abord présenté comme n’étant ni pédagogue, ni expert de l’éducation. Reprenant donc le sujet, le conférencier a compris par l’esquisse d’une pédagogie, une sorte de grille pour l’éducation des jeunes en milieu scolarisé rural. Il a aussitôt fait mention de ce que tout son propos part d’une question et d’un constat.
D’abord la question. Le conférencier est parti de l’interrogation sur ce que c’est qu’éduquer. Pour lui, éduquer, c’est développer ses aptitudes intellectuelles et son sens moral. Par cette éducation, l’enfant ou le jeune adolescent est introduit progressivement dans la maîtrise des règles de conduite sociale ; il acquiert la conscience familiale, se familiarise avec les valeurs morales, spirituelles et enfin avec les interdits. Mais il reconnaît avec Aristote qu’éduquer, c’est construire, en un individu, une personnalité en fonction d’un type de société.
S’agissant du constat, l’abbé Philippe a fait cas de l’éducation qui, aujourd’hui, donne tout l’air d’être en panne ou tout au moins, de battre de l’aile. L’examen du conférencier sur l’éducation au Bénin l’a emmené à dire qu’elle souffre non seulement de l’éclatement de la cellule familiale, de la démission des parents mais également de l’insoumission des apprenants et même de l’absence d’un choix responsable de système éducatif par les gouvernements successifs. Où va donc la jeunesse d’aujourd’hui qui semble en effet sans idéal, sans ambition ni modèle ? A l’exposant de s’interroger ainsi et trouver en cette conférence un heureux cadre d’échanges.
Le développement du suejt s’est fait en trois grandes parties que sont :
- Quelques caractéristiques du milieu scolarisé rural : le cas de Papané
- Quelle éducation aujourd’hui pour le milieu rural ?
- L’éducation : un défi à relever par tous
Dans la première partie de son développement qui s’est appesanti sur le milieu scolaire rural de Papané, l’abbé Philippe a fait mention de la pauvreté des parents qui a pour conséquence l’abandon de l’école par les enfants à un certain niveau. Il a aussi mis en évidence le système du « D » (Débrouillardise) comme moyen pour passer d’une classe à une autre par le biais des « NST » (Notes Sexuellement Transmissibles) et des « MST » (Moyennes Sexuellement Transmissibles). Ce système met également en relief l’attitude de certains enseignants peu recommandables. A cela s’ajoutent de plus en plus les phénomènes des bandes (les élèves qui s’organisent en des groupes pour agir) et des petits sorciers (les élèves sorciers).
La seconde partie de l’exposé de l’abbé Philippe a été le cadre pour lui de s’interroger sur l’éducation en milieu scolarisé rural. En effet, le conférencier trouve qu’il importe de faire attention aux termes utilisés. Parler d’éducation en milieu scolarisé rural laisse croire à un type d’éducation pour les jeunes scolaires citadins et à un autre pour les jeunes scolaires villageois. Une telle compréhension est erronée car il a été reconnu avec Amadou Hampaté Bâ que l’Afrique traditionnelle n’existe plus nulle part : « la ville est dans le village et le village est dans la ville ».
En outre, l’éducation étant une question d’exigence et d’éthique, on ne peut vouloir forger en un individu une personnalité, un idéal, etc. sans une certaine rigueur dans la méthode. Mais le conférencier précise qu’il ne s’agit pas d’un dressage, encore moins d’un laisser-aller. Il est plutôt question de savoir allier le bâton et la carotte comme le dit une sagesse fon : la main qui frappe l’enfant, c’est cette même main qui le cajole. L’exposant note toutefois que sans éveil de la conscience aux principes moraux, l’éducation serait un échec.
Dès lors, tous, nous avons un rôle à jouer pour que l’éducation des générations futures ne soit pas bâclée. Le conférencier précise à cet effet que l’éducation n’est pas une chasse gardée. Il reconnaît tout de même que des acteurs précis ont des rôles à jouer : la famille, l’Etat, l’Eglise, etc. Il appartient à chacun de jouer efficacement le rôle qui est le sien. Les mass média restent un canal d’éducation ambivalent.
Pour conclure, le conférencier a soutenu qu’une éducation n’est jamais achevée. En citant le Pape Jean Paul II, il a exhorté les jeunes de l’assistance à toujours se battre pour aller de l’avant en ne se laissant pas aller vers les mirages. Il a invité chacun à s’appuyer sur des idéaux. Les débats ont permis d’explorer davantage la question.