thème n°6 : Des ambitions des politiques béninois : Qu’est-ce qui fait leur souci réel, le peuple ou le pouvoir
RAPPORT DE LA CONFÉRENCE SOCIALE MENSUELLE DE L’I.A.J.P. DU 14 OCTOBRE 2010
Le Jeudi 14 octobre 2010 a eu lieu au Chant d’Oiseau, la cinquième conférence sociale mensuelle publique de l’IAJP. Intitulée « Des ambitions des politiques béninois : Qu’est-ce qui fait leur souci réel, le peuple ou le pouvoir ? », cette conférence a été animée par M. Mathias HOUNKPE, Politologue à la Cellule d’Analyse des Politiques de Développement de l’Assemblée Nationale (CAPAN). Pour développer le thème, le communicateur a adopté un plan tripartite, après avoir rappelé l’option faite par le peuple béninois d’adopter un régime démocratique au lendemain de la conférence nationale de février 1990.
Dans la première partie de la communication, M. Mathias HOUNKPE a parlé de la théorie des ambitions des politiques en démocratie. A ce niveau, il est parti de quelques hypothèses sur l’homme en démocratie en faisant remarquer que l’être humain n’est pas un ange et les hommes politiques encore moins. De plus, l’être humain étant égoïste et querelleur, il faudrait en tenir compte dans la conception des systèmes politiques. Il a aussi fait noter les exigences pour avoir un cadre institutionnel démocratique pertinent et les mécanismes pour encadrer les ambitions des politiques en démocratie avec à la clé, un contrôle horizontal et vertical.
Ensuite, le conférencier a abordé dans une seconde partie, la pratique au Bénin concernant les ambitions des hommes politiques en démocratie. A ce propos, il a montré combien les politiques béninois n’ignorent pas la place centrale de l’intérêt public dans la gestion de la cité et pour preuve, les projets de société qu’ils défendent pendant les élections, les Programmes d’Actions du Gouvernement qu’ils préparent à la prise de pouvoir, les tentatives sporadiques de lutte contre la corruption, les tentatives de contrôle horizontal surtout par le Parlement, etc.
Le communicateur a également montré l’amour des politiques béninois pour le pouvoir, vue les moyens qu’ils investissent pour l’acquérir, les moyens qu’ils mettent en oeuvre pour le conserver et le désespoir dont ils font preuve quand ils perdent le pouvoir. Il a ajouté que l’instrumentalisation des attributs des pouvoirs d’état, les faiblesses des institutions de contrôle, l’environnement légal qui fragilise les institutions, le clientélisme, la dispersion des ressources publiques, sont autant d’éléments qui incitent les politiques à ne pas investir dans l’intérêt public et à pratiquer la mauvaise gouvernance.
Enfin, dans une dernière partie, le communicateur a présenté les perspectives et défis pour que les ambitions politiques rencontres celles du souverain c’est-à-dire le peuple. Il a suggéré qu’il y ait une amélioration de l’environnement légal des partis politiques, des médias et des organisations de la société civile, le système électoral, le processus de sélection des élus, des gouvernants, l’environnement des contre-pouvoirs, les mécanismes de reddition des comptes pendant et après l’exercice d’une fonction publique. Il a suggéré enfin, une amélioration des vertus nécessaires chez le citoyen démocratique à savoir : justice, charité, amour, etc.
Les politiques béninois, pour le moment, s’occupent plus du pouvoir pour eux-mêmes que de l’intérêt public et il est possible d’améliorer le statu quo à travers un amendement pertinent du cadre légal et institutionnel national, a conclu M. Mathias HOUNKPE.
Le débat a été ensuite ouvert aux participants qui sont venus nombreux ; preuve de tout l’intérêt qu’ils portent au sujet. En somme, des contributions ont été faites, sans oublier les analyses et les questions de différentes teneurs. Dans ses éléments de réponse, l’orateur a une fois encore fait remarquer qu’il est difficile, mais pas impossible, de faire de la politique et être vertueux et qu’il y a des signes d’espoir au Bénin. Alors, il appartient à chacun des citoyens d’agir avec un esprit de gratuité.