Conférence sociale du 11 novembre 2010

thème n°7 : Et si l’Afrique refusait le développement. Une relecture réactualisée de Axelle Kabou dans le contexte béninois

RAPPORT DE LA CONFÉRENCE SOCIALE MENSUELLE DE L’I.A.J.P. DU 11 NOVEMBRE 2010

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IMGP0149Le Jeudi 11 novembre 2010 a eu lieu au Chant d’Oiseau, la sixième conférence sociale mensuelle publique de l’IAJP. Portant sur le thème : « Et si l’Afrique refusait le développement. Une relecture réactualisée de Axelle Kabou dans le contexte béninois », ladite conférence a été animée de main de maître par le Professeur Roger GBEGNONVI,  professeur de lettres et ancien ministre chargé de la promotion des langues nationales.

Globalement, le conférencier a structuré son exposé en huit points encadrés par une introduction pour découvrir le thème et une conclusion qui s’apparente fort bien à une ouverture sur des thématiques nouvelles. Toutefois, la teneur du sujet a permis de se rendre compte, chemin faisant, que le professeur GBEGNONVI, a opté pour une structuration pratique afin de creuser l’abcès du développement du continent africain et ses avatars.

L’homme ! C’est le sujet premier de la conférence dans la mesure où c’est par cet « agent » que tout développement est possible. Après quelques essais sur la problématique du destin de l’homme, comme pour « exorciser l’homme béninois », dixit l’un des participants, le conférencier a conduit l’assistance à la découverte de ce qu’il a appelé le condensé des propos de Axelle Kabu :

En effet Axelle Kabu est un écrivain camerounais. Elle a publié son livre qui fait l’objet de la présente conférence en 1991. L’argumentaire d’Axelle Kabou en 205 pages peut se résumer en ce qu’elle écrit sur les pages 22 à 24 mais essentiellement sur la page 23 et que voici :

IMGP0151L’Afrique, comme le rappellent, après Robert Arnaut, Alain et Edgard Hazoumé, a au moins deux visages : un visage formel fait de chiffres, de statistiques, de déclarations officielles, et un versant quotidien régi par des lois sinueuses, des non-dits, des ‘‘codes secrets’’ dont l’observance prime sur les ‘‘impératifs’’ du développement. Or ces comportements et attitudes suicidaires trop hâtivement assimilés à des persistances de cultures traditionnelles, constituent un nouveau système idéologique implicitement revendiqué par une élite africaine honteuse de son ‘‘occidentalité’’ et pesant de tout son poids sur le développement. Vue de l’extérieur, l’Afrique paraît toujours au bord du gouffre, toujours à l’article de la mort. Mais appréhendée de l’intérieur, quel contraste ! On ne peut s’empêcher d’être frappé par l’acharnement avec lequel les Africains refusent la méthode, l’organisation. Ils gaspillent leurs maigres ressources, sabotent tout ce qui pourrait fonctionner durablement au profit du plus grand nombre. Ils détestent la cohérence, la transparence, la rigueur. A tous les échelons (et c’est ce qui imprime à la dérive de l’Afrique son côté inquiétant), la faveur va systématiquement au bricolage, à l’improvisation, à la navigation à vue. Et en cas de coup dur, rien de prévu, hormis l’espoir d’une intervention étrangère, considérée du reste comme un dû historique. C’est cela l’Afrique quotidienne : celle des individus de chair et d’os ; celle dont les mentalités pourtant lourdes de conséquences sur le réel ne figurent jamais sur la longue liste des causes officielles du sous-développement ; celle qu’un cliché Nord-Sud décidé à fixer le gaspillage au Nord (chez les ‘‘Repus’’) et la parcimonie éclairée au Sud (chez les ‘‘Affamés’’), occulte systématiquement. Si la nécessité de se forger une vision mondiale des problèmes de l’humanité tombe sous le sens, on peut se demander s’il faut, par souci de synthèse, gommer les réalités potentiellement riches d’enseignements. Sous prétexte de globalisation planétaire, ne passe-t-on pas sous silence les seuls éléments susceptibles d’expliquer sans tours de prestidigitation pourquoi l’Afrique régresse chaque jour davantage ? Certains ‘‘riches’’ des pays africains sont, après tout, ‘‘plus riches que Certains riches des pays riches’’. Que font-ils de leur argent ?

IMGP0157Une fois ce décor planté, le conférencier a essayé de mettre en évidence les maux qui minent notre société actuelle avant de faire des propositions. Il s’agit notamment de l’éducation qui rester une priorité active continue, de la culture qu’il faudrait véritablement valorisée et des valeurs à promouvoir pour une société plus épanouie.

Au terme de son exposé qui a embrassé plusieurs aspects et contours de nos réalités, les participants n’ont pas manqué d’apporter des contributions mais et surtout de poser des questions. Les débats ont porté sur plusieurs sujets notamment, l’implication de plus en plus grandissante de la religion dans la gestion de la cité, les industries mortuaires avec les coûts exorbitants des cérémonies funéraires malgré la pauvreté, la responsabilité de l’élite africaine en général et béninoise en particulier dans la gestion efficace et efficiente de nos états. Notons que les débats fort riches et instructifs ont continué durant la collation qui a été servie. C’est bien au-delà de l’heure prévue – 21h30 – que les participants ont pris départ du chant d’oiseau.