Axe Ethique 2007 - Thème 7

thème n°7 : Vaincre la corruption au Bénin : mythe ou réalité

RAPPORT DE LA CONFÉRENCE SOCIALE MENSUELLE DE L’I.A.J.P. DU 16 novembre 2007

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Les conférences sociales mensuelles de l’année 2007 ont connu leur épilogue ce vendredi 16 novembre 2007 avec les dernières assises qui ont porté sur le thème : VAINCRE LA CORRUPTION AU BENIN : MYTHE OU REALITE.

Mr Georges BADAPour traiter cette question qui devait également servir de conclusion à la série des conférences précédentes, il a fallu inviter une personne qui soit assez avertie et qui saurait poser le problème afin d’y trouver les solutions idoines : il s’agit de Monsieur Georges BADA, député à l’Assemblée Nationale.
Le conférencier, à la suite des ses prédécesseurs, a fait le constat de la gangrène que représente la corruption. Pour lui, la corruption évoque ni plus ni moins l’idée de tout ce qui est contraire à la morale et ainsi doit d’être combattu sans répit.

Avant de faire le point des échecs des efforts fournis jusque là dans le cadre de la lutte contre la corruption, Monsieur BADA a fait un second constat en ces termes : « Le drame pour notre pays est qu’il s’établit peu à peu, dans l’imaginaire du béninois que toute difficulté, tout besoin ou toute demande se règle par corruption. Il se soumet à corrompre sans même y être invité.  Le phénomène tend à être naturelle et donc banalisé. Le risque de la déchéance est bien là. » La problématique est alors mise en évidence ; face à cet état des choses, pouvons-nous aspirer à voir un Bénin sans corruption, sans corrompus et sans corrupteurs ?
L’exposant ne s’est pas dérobé à cette interrogation. D’ailleurs, il n’y est pas allé par plusieurs chemins :

« L’ampleur de la gangrène est telle que nous ne pouvons plus, nous ne devons plus attendre. Toute gangrène est contrée par une amputation pour stopper son évolution. Il faudra en faire de même pour la corruption au Bénin. … Une analyse plus fine montre qu’il a manqué à toutes ces tentatives qu’une seule et même chose : la volonté politique. »

Il apparaît de façon très claire que le combat avec succès contre la corruption n’est pas de l’ordre du mythe. Des efforts non négligeables sont fournis, des ateliers et séminaires sont organisés sur la question en vue de déterminer les stratégies opportunes pour endiguer phénomène. Au conférencier d’apprécier tous ces travaux : « Et comme le soulignait le conférencier : « Le diagnostic est parfait. La thérapie est de bonne facture. Mais le Chirurgien qui doit amputer la gangrène fait semblant, il est couché, il dort. Et le risque est que le malade va mourir ! Avons-nous le droit de voir notre pays sombrer… » Non répondra l’exposant. Et comme démarche, il propose un plan tripartite :

  • Commencer par le haut lieu de la corruption, la commande publique, c’est-à-dire toutes les transactions financières exécutées par l’Administration au profit de l’Etat. Elle est de loin, le haut lieu de la corruption
  • Alors, l’on doit se retourner vers ceux qui gèrent la commande publique à savoir l’Administration Publique au sens large et dans toutes ses entités.
  • Enfin, qui met en œuvre cette Administration Publique, la réponse est claire : la classe politique animée d’une bonne volonté politique.


Cette démarche devra passer par quelques points à savoir :

  • L’éthique dans la gouvernance et dans l’administration de la fonction publique.
  • L’implication active de toutes les institutions de notre pays. L’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, la Presse, la Société Civile etc. doivent manifester concrètement leur volonté à faire échec à la corruption, à améliorer l’éthique dans les services publics et à promouvoir le respect des droits de la personne de travailler à une plus grande équité sociale.
  • Mettre en place une Infrastructure de l’éthique dans la fonction publique.
  • Education aux respects de la chose publique dès les plus basses classes et renforcer l’esprit d’éthique dans les centres de formations des fonctionnaires.
  • Un appel au religieux ne sera pas superflu pour remodeler l’homme béninois.
  • La classe dirigeante de notre pays doit donner l’exemple de la bonne gouvernance : la pédagogie de l’exemple, et doit s’éloigner de la pieuvre.
  • La dénonciation des fraudes ou actes illégaux.