ATELIER DE REFLEXION ET DE FORMATION DE L’IAJP, EN COLLABORATION AVEC LA FONDATION KONRAD ADENAUER – Janvier 2012
Thème : Economie sociale de marché : instrument de promotion humaine pour le développement intégral
Date et Lieu : Samedi 28 janvier 2012, Chant d’Oiseau, Cotonou
1. Argumentaire
Il n’est aujourd’hui quasiment aucun discours de hauts responsables, soit étatiques ou institutionnels, qui ne fasse mention de la crise économique et financière pour justifier des contres performances ou des problèmes rencontrés et vécus par les populations. La crise a atteint un seuil tellement élevé que la question de l’éducation au sens civique et surtout au sens du social se fait plus que pressante. Les maux qui minent la société dont la déresponsabilisation de la famille, voire sa dislocation, la hausse généralisée des prix, le chômage, la corruption, le grand banditisme, etc. confrontent les populations à leurs impasses.
Face à cette situation, les grands acteurs sociaux au plan mondial se rendent bien comptent des limites de la régulation technique de l’économie détachée des règles morales sociales. A elle seule, l’économie ne peut pas garantir la promotion humaine. Pour atteindre intégralement la personne humaine, l’économie a non seulement besoin d’être socialement mercantile, mais aussi tournée vers la vie réelle des ménages ou des familles. L’économie se soucie certes de la consommation des ménages, mais plus encore, elle doit se faire le devoir d’accueillir les valeurs personnelles incontournables fondant les ménages, valeurs au sein desquelles la gratuité tient une grande place (cf. Benoît XVI, Caritas in veritate 34).
Benoît XVI, faisant sienne des pensées de son prédécesseur Paul VI dans son encyclique Caritas in veritate, pose sans ambages le problème : « Paul VI avait une vision structurée du développement. Par le terme « développement », il voulait désigner avant tout l’objectif de faire sortir les peuples de la faim, de la misère, des maladies endémiques et de l’analphabétisme. Du point de vue économique, cela signifiait leur participation active, dans des conditions de parité, à la vie économique internationale ; du point de vue social, leur évolution vers des sociétés instruites et solidaires ; du point de vue politique, la consolidation de régimes démocratiques capables d’assurer la paix et la liberté. Après tant d’années, alors que nous observons avec préoccupation le développement des crises qui se succèdent en ces temps, ainsi que leurs conséquences, nous nous demandons dans quelle mesure les attentes de Paul VI ont été satisfaites par le modèle de développement qui a été adopté au cours de ces dernières décennies. » (Caritas in veritate, n°21).
N’y a-t-il donc pas une alternative pour orienter autrement le développement de sorte que l’économie soit davantage au service de l’homme pour son mieux-être et partant, celui de la famille ? Dans cette perspective, l’économie sociale de marché est-elle une voie plus humaine d’organisation sociale mercantile qui puisse aider à mettre tout homme et tout l’homme au centre de toute question sociale ?
C’est mu par le souci de trouver, non pas des solutions toutes faites à ces questionnements non exhaustifs, mais d’ouvrir les regards des acteurs socio-économiques, politico-administratives et religieuses sur la nécessité de penser et de faire autrement l’économie que l’IAJP, en coopération avec la Fondation Konrad Adenauer, organise le 28 janvier 2012, un atelier de réflexion et de formation des acteurs ci-dessus cités. La perspective est de susciter et de créer progressivement des réseaux dynamiques d’acteurs à divers niveaux pour agir en faveur d’une économie qui met l’homme en amont et en aval de toute action.
2. La thématique pour l’atelier de réflexion et de formation de janvier 2012
L’atelier se tiendra le samedi 28 janvier 2012 au Chant d’oiseau. Il a une envergure nationale et porte sur le thème : ECONOMIE SOCIALE DE MARCHE : INSTRUMENT DE PROMOTION HUMAINE POUR LE DEVELOPPEMENT INTEGRAL.
Trois communications et un panel meubleront les réflexions du présent symposium. Il s’agit de :
- Exposé introductif (Exposé 1) : L’économie sociale de marché : hier, aujourd’hui et perspectives.
Axes de recherche proposés : Cet exposé devrait permettre de comprendre d’abord ce qu’est l’économie sociale de marché, ensuite ses origines (ou encore ses fondements), enfin son évolution jusqu’à nos jours et son implication dans la promotion d’une économie axée certes sur le développement socio-économique des nations, mais en même temps humano-centrée. Un autre axe de réflexion pourrait-être de se demander comment, concrètement, l’économie sociale de marché se met-elle en place et fonctionne-t-elle ?
- Exposé 2 : L’économie sociale de marché dans un contexte africain face à la crise financière généralisée.
Axes de recherche proposés : Il s’agira d’analyser les voies africaines de développement tout en relevant les enjeux et les défis de la crise financière, au regard de la théorie et de la pratique de l’économie sociale de marché dans le contexte africain. L’économie sociale de marché est-elle l’une des voies essentielles qui pourrait aider l’Afrique à s’orienter vers une société centrée sur l’homme intégral ?
- Exposé 3 : Recadrage de l’enseignement social de l’Eglise pour une économie humano-centré : quelques éléments de réflexion.
Axes de recherche proposés : A partir des approches relevées dans les deux premiers exposés, le recadrage de l’enseignement social de l’Eglise devrait permettre aux acteurs en présence de savoir comment une économie qui vise la rentabilité peut en même temps promouvoir le principal capital de l’homme : l’homme lui-même dans sa dignité fondamentale.
- Exposé 4 (sous forme de panel) : Réflexions critiques des acteurs socio-économiques et politiques sur la mise en œuvre et l’impact de l’économie sociale de marché dans la promotion humaine au Bénin.
Axes de recherche proposés : Après l’analyse de la situation économique mondiale au regard de l’économie de marché, il est opportun de réfléchir sur les réalités béninoises. Cette réflexion qui sera faite par quelques acteurs permettra de nous interroger sur la mise en œuvre effective de l’économie sociale de marché au Bénin, les succès et les échecs, en vue de dégager des perspectives pour le bien commun et le développement de la nation béninoise.
- Travaux en groupe : Des travaux en de petits groupes sont prévus pour permettre aux participants de faire des propositions concrètes en vue d’aider à donner un visage plus humanisant « au monde des affaires ». Il est possible que surgisse de cet atelier un groupe de réflexion se proposant d’écrire des propositions de lois sur l’économie et le développement au Bénin.
Pour approfondir les recherches sur le présent atelier, voir les documents ci-dessous :

