Conférence sociale du 26 avril 2012

thème n°2 : L’économie sociale de marché au Bénin et les crises économiques successives depuis 2000

RAPPORT DE LA CONFÉRENCE SOCIALE MENSUELLE DE L’I.A.J.P. DU 26 avril 2012 

Portant sur le thème « L’économie sociale de marché au Bénin et les crises économiques successives depuis 2000 », la deuxième conférence sociale mensuelle de l’IAJP a été présentée par monsieur Claude d’ALMEIDA, Economiste – Financier.

Le conférencier a développé son thème autour de trois principaux aspects :  

1- Caractéristiques de l’économie béninoise

2- Les crises économiques au Bénin et leurs causes
3- Intérêt de l’économie sociale de marché

1- Caractéristiques de l’économie béninoise

Le conférencier a fait ressortir les caractéristiques de l’économie béninoise. Pour lui, l’économie béninoise est une économie de transit, ouverte et dépendante. Elle continue d’être une économie dirigée et contrôlée par l’Etat. Le secteur tertiaire au sein de cette économie est prédominant avec 49% du produit intérieur brut (PIB) et le commerce qui dépend du Nigéria est la part importante de ce secteur.

Le secteur primaire qui contribue pour 37% au PIB est dominé par la filière coton qui représente 13% du PIB, le palmier à huile ayant disparu. Le secteur secondaire (14% du PIB) est représenté par les unités d’égrenage de coton, des huileries et des entreprises textiles. L’économie béninoise se repose sur le coton et la réexportation vers le Nigéria.

2- Les crises économiques au Bénin et ses causes

S’agissant de ce deuxième aspect, Monsieur Claude d’ALMEIDA a fait l’historique des crises économiques passées. A ce sujet, il est a noté ce qui suit :

Les deux premières périodes après les indépendances (1960-1975 et 1976-1989) sont caractérisées par de grandes fluctuations de la croissance économique. Depuis le renouveau démocratique, le taux de croissance économique est resté élevé et régulier jusqu’en 2008 (4,39% en moyenne). Mais la croissance économique est retombée depuis 2009 (2,7%) en raison des conséquences des crises de la production cotonnière, des crises énergétiques et financières.

La crise cotonnière est en effet liée à un processus de libéralisation mal maîtrisé, à une chute sans précédent des cours mondiaux du coton et à une désorganisation de la filière. La crise du deuxième pilier de l’économie béninoise (la réexportation vers les pays voisins) est liée aux difficultés fiscalo-douanières consécutives à l’introduction des réformes relatives à l’escorte douanière, au programme de vérification des importations et aux problèmes de frontières avec le Nigéria.

3- Intérêt de l’économie sociale de marché

Le communicateur est revenu sur les fondements de l’économie sociale de marché pour faire le constat qu’au Bénin, tous les secteurs importants de l’activité économique sont encore aux mains de l’Etat et qu’aucune réponse n’est proposée aux travailleurs pour construire une véritable protection sociale.

Il trouve que c’est une "catastrophe intellectuelle", le fait que les partenaires sociaux se sont opposés à la construction d’un nouveau port source de production de richesse et d’amélioration de la qualité de vie. Il a insisté que l’Etat soit un facilitateur au lieu d’être un gestionnaire des structures économiques.

La fin de cette troisième partie à donné lieu a des débats qu’on pourrait synthétiser par les lignes ci-dessous.

4- Synthèse des débats

Les préoccupations des participants ont tourné autour de comment passer d’une économie dirigée à une économie sociale de marche si la pertinence de cette approche est reconnue pour le Bénin.

Le communicateur a relevé qu’il est essentiel que l’Etat accompagne les initiatives privées d’entreprise et facilite les procédures d’autorisation et d’habilitation. Il a également souhaité qu’au niveau sociétal, les entrepreneurs soient célébrés. Monsieur Claude d’ALMEIDA a souligné qu’une dette n’est pas une mauvaise chose en soi, sinon ce que l’on en fait. Il a fait remarquer qu’on se bat pour partager les rentes au lieu de transformer nos potentialités en richesse.

Somme toute, la conférence a retenu que l’éducation est l’outil fondamental pour gérer durablement les crises au Bénin.