thème N°1 : Histoire de l’évolution de la pauvreté au Bénin de 1960 à 1972
RAPPORT DE LA CONFÉRENCE SOCIALE MENSUELLE DE L’I.A.J.P. DU 22 FEVRIER 2007
La deuxième conférence sociale mensuelle de l’année 2007 de l’Institut des Artisans de Justice et de Paix a reçu comme invité Monsieur Philippe NOUDJENOUME, Professeur de Droit public à la Faculté de Droit et de Sciences Politiques à l’Université d’Abomey-Calavi. Il est intervenu sur le thème : HISTOIRE DE L’EVOLUTION DE LA PAUVRETE AU BENIN DE 1960 A 1972. La problématique à travers ce thème est de chercher à savoir à quels facteurs la pauvreté grandissante est-elle liée ?
Pour ce faire, le conférencier a adopté un plan qui se présente comme suit :
- Introduction
- Quelques approches terminologiques
- Les éléments indicatifs de la pauvreté au Bénin de 1960 à 1972
- Les dahoméens des années 60 seraient-ils plus aisés que ceux d’aujourd’hui ?
- Conclusion
Le professeur NOUDJENOUME a émis des réserves face aux propos de certaines personnes qui estiment que le Dahoméen d’avant les années 1960 jusqu’en 1972 était un homme assez aisé et prospère. Cette réserve se justifie par le fait que ladite période a été la plus agitée de l’histoire de notre pays, caractérisée par des changements fréquents de gouvernements à la tête du pays dus à des soulèvements populaires et des coups d’Etat de toutes sortes (1963, 1965, 1967, 1969, puis 1970). De tels agissements ne sauraient naître si les populations vivaient dans de bonnes conditions.
En outre, le conférencier n’a pas manqué de dire qu’une mince couche des intellectuels Dahoméens (fonctionnaires, élèves et étudiants) vivaient mieux que la majorité des intellectuels Béninois d’aujourd’hui. Cependant, au niveau des fonctionnaires, les abattements de 10% sur les salaires en 1961 par le gouvernement du Président MAGA, celui de 25% en 1964 par le Président AHOMADEGBE et la détérioration des conditions et pouvoir d’achat des travailleurs occasionné par le Président ZINSOU, suivie de l’inflation annuelle sur les prix des produits de consommation courante, n’étaient pas de nature à permettre l’aisance des Dahoméens.
Au niveau des étudiants, la bourse était systématiquement accordée aux étudiants jusqu’en 1966. A partir de 1967, des conditions de moyenne commençaient déjà à être posées pour certaines disciplines. Les conditions estudiantines commençaient ainsi à se dégrader. Quant aux élèves des écoles primaires publiques, le système d’internat existait pour bon nombre d’entre eux avec la fourniture à titre gratuit des livres et fournitures scolaires. Mais à partir de 1971, les internats dans les faits furent supprimés ; ce qui contribua à l’appauvrissement des élèves et donc de leurs parents.
Pour conclure ses propos, le conférencier pense que : « L’on peut dire que l’élite dahoméenne des premières heures de l’indépendance et destinée à remplacer l’administration coloniale jouissait de conditions nettement confortables qui font percevoir le Dahoméen de la période 1960-1972 comme aisé par rapport au Béninois d’aujourd’hui. Ces conditions ont commencé à se dégrader dès le lendemain des indépendances. Si l’on considère la proportion que représentait cette élite, il faut convenir que la société béninoise d’aujourd’hui prise comme globalité est et de loin plus aisée que celle des années 1960 ».
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